Journal de mars 2024

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La version intégrale (fautes et anglicismes inclus) est disponible dans mon jardin numérique, Sylves. La publication s’y fait au jour le jour. J’applique ici l’orthographe rectifiée.

Bonne lecture – Enzo.


Vendredi 01 mars

Cette semaine, me prenant la tête comme j’aime le faire régulièrement, j’ai pris conscience que je raisonnais comme un tambour. Aucune finesse (ou si peu !) dans mon approche. 

Je suis le bulldozer sur un site de fouilles archéologiques.

Samedi 02 mars

Le mythe de la souffrance dans la création artistique voudrait nous faire croire que la joie est synonyme de complaisance, que le plaisir (toujours coupable dans notre civilisation chrétienne) est la preuve qu’on n’est pas sérieux, et donc que la qualité de ce que l’on produit sera médiocre. 

À l’inverse, dans la même logique, ce mythe affirme que la souffrance serait un gage de qualité… et que sans sérieux, l’art ne mérite pas sa majuscule (d’ailleurs, est-ce seulement de l’art ? s’interrogeront les vieux grincheux).

En vrai, la souffrance peut être une posture autant qu’elle est, à l’occasion, une réalité. Dire qu’il n’y a pas de joie dans l’écriture est un mensonge : c’est comme dire que le verre est absolument vide quand il est à moitié plein. Il ne faut pas exagérer. S’il n’y avait aucune joie à aucun moment du processus créatif, on ne le ferait pas.

Cultiver la joie dans sa pratique artistique, ce n’est pas céder à la facilité ou être complaisant, ce n’est pas non plus nier que certaines tâches sont ennuyeuses ou pénibles… mais c’est essayer de voir le verre pour ce qu’il est : à moitié plein.

Dimanche 03 mars

Je n’aime pas les obligations sociales, mais elles sont l’antidote parfait au mal qui me consume régulièrement : la suranalyse. Elles m’arrachent à mes pensées, me sortent de ma tête, que je le veuille ou non.

Pendant quelques heures, j’écoute des discussions qui, même si elles n’ont pas toujours beaucoup d’intérêt, me rappellent qu’il existe une vie en dehors de mes problèmes existentiels un peu ridicules. 

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, je trouve dans ces moments-là de quoi nourrir mon inspiration. Tout est utile à l’écrivain…

Et, si je dois être honnête, je profite aussi de cette chaleur que je ressens souvent en présence d’autres êtres humains.