Journal de décembre 2023

Publié par Publié sur Lieu - 21 min de lecture 613 vues

Lundi 18 décembre

Je creuse, je creuse, je creuse… dans l’espoir qu’un nouveau projet littéraire naitra de ces ruminations. 

Étrange situation, puisque j’ai déjà une liste de projets en souffrance… Mais comme une nouvelle année s’annonce, je veux pareillement un nouveau projet.

Voilà ma forme préférée de procrastination.


Mardi 19 décembre

Hier soir, j’ai commencé Sunshine by my Side avec Xiao Zhan dans le rôle-titre. À 32 ans, son visage est celui d’un homme… Je peine à retrouver dans ces beaux traits anguleux la douceur du visage de Wei Wu Xian dans The Untamed (2019).

Sunshine by my Side (sorti en septembre dernier) a tout pour me plaire: c’est l’histoire d’un jeune homme qui est amoureux d’une femme plus âgée. Voilà un trope que je n’apprécie que dans ce sens. L’inverse a un petit côté prédateur sexuel, même quand il s’agit de sa version gay. Pourquoi est-ce que l’une (homme jeune/femme plus âgée) me plait tandis que l’autre (homme jeune/homme mature) me crispe ? Voilà quelque chose qui intéresserait ma psychothérapeute (si seulement j’en avais une !).

Pour être honnête, ce trope me botte tout particulièrement dans les séries chinoises, car il n’y a qu’avec lui qu’on évite la protagoniste bimbo capricieuse et immature que l’on retrouve dans les 3/4 des productions du pays. J’aime les personnages féminins forts et indépendants. J’aime qu’elles soient le centre de gravité de l’histoire et qu’elles n’aient pas besoin de se ratatiner pour l’homme.


Mercredi 20 décembre

La préface ne devrait pas essayer d’entrer en concurrence avec l’œuvre qu’elle introduit : elle doit être informative avant tout. Paratexte, elle n’est pas là pour décorer. Elle explique, elle glose, elle commente.

Quand un préfacier privilégie la forme au fond, nous avons un problème. Les belles phrases et les métaphores puissantes n’ont d’intérêt que si elles enjolivent les faits : elles ne sont pas là pour masquer un raisonnement creux. Rien de plus agaçant que de lire une dizaine de pages qui, sans les figures de style, auraient tenu en deux paragraphes. 

C’est une préface, bon sang, pas un poème !


Jeudi 21 décembre

On ne peut pas s’affirmer « centriste » quand on flirte avec l’extrême droite. On est d’extrême droite, point final.


Vendredi 22 décembre

Le plan de Macron a-t-il toujours été de faire deux mandats, puis de se faire remplacer par Le Pen pendant cinq ans, avant de revenir en héros triomphant pour un autre mandat, voire deux ?

Je ne m’explique pas autrement la légitimation hypocrite du RN telle qu’elle est orchestrée par ce gouvernement.

S’il s’agit de l’intention de Macron, c’est évidemment risqué : l’extrême droite ne joue pas selon les mêmes règles. Une fois qu’elle sera au pouvoir, qui sait ce qu’il faudra faire pour l’en éjecter.


Samedi 23 décembre

Peut-être que la bonne critique littéraire doit pouvoir se lire sans qu’on ait lu l’ouvrage qu’elle passe en revue.

C’est l’impression que me donne All These Worlds de Niall Harrison, un recueil de ses critiques de SF, parues entre 2005 et 2014. 

Je n’ai rien lu de ce qui est au sommaire (je ne suis pas un grand lecteur de SF, malheureusement), mais chaque article clarifie les enjeux du roman, tout en replaçant ce dernier dans la production science-fictionnelle qui l’a précédé ou qui lui est strictement contemporaine. Niall Harrison trouve, semble-t-il, le juste milieu lorsqu’il présente les éléments de l’intrigue, révélant seulement ce qui est nécessaire afin de soutenir les thèses qu’il met en avant. Dans l’esprit du lecteur ignorant, une image détaillée se forme alors, qui ne gâche pas pour autant l’envie de lire le roman.

*

Le compte-rendu de lecture peut être de deux types : 

  1. l’avis (de blogues, de Goodreads, de YouTube ou d’un tout autre réseau social) partage le ressenti de celui qui le publie ; c’est l’impulsion du fan qui veut partager sa passion et discuter de ce qui l’a enthousiasmé dans le livre.
  2. la critique littéraire, qui peut, elle aussi, être écrite par une fan, analyse et décortique l’ouvrage en question, le contextualise. Pour cela, elle nécessite des connaissances du genre approfondies. Il faut aussi maintenir une certaine distance avec ses émotions, telles qu’elles ont été ressenties à la lecture, même si ces dernières informeront inévitablement l’opinion générale.

Dimanche 24 décembre

Pour me motiver à passer à l’acte, je dois me persuader que c’est facile à faire. Peu importe si je me mens. Pendant un moment, je dois croire que c’est possible et que l’échec est impensable. Évidemment, au premier contact avec la réalité, ma motivation vacille, ou pire s’effondre.

Pour voir le jour, un projet artistique doit se fonder sur de bonnes motivations.