Journal de juillet 2023

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Lundi 17 juillet

Pendant que le continent se meurt sous les grosses chaleurs, à Sheffield, on peine à atteindre les vingt degrés.
Et il pleut ! À croire que nous recevons notre part ainsi que celle de l’Europe.


Mardi 18 juillet

Insomniaques, vous avez tout mon respect.


Mercredi 19 juillet

Écrire pour les autres me motive davantage qu’écrire pour moi-même. Les autres, ce sont mes ami·es, évidemment. Des gens que je connais et que je ne veux pas décevoir. 

La déception de mes proches m’importe davantage que la mienne : je peux continuer à écrire pour elleux, coute que coute ; si j’étais seul au monde, je cesserais d’être écrivain.

Quand je ne suis pas entouré par des lecteurices, l’écriture n’a pas le même attrait — ce qui importe importe moins. Voilà pourquoi on dit qu’il faut savoir bien s’entourer. L’entourage permet de garder la foi.


Jeudi 20 juillet

Quand j’étais adolescent, c’était la fiction qui m’importait le plus. Être écrivain, c’était écrire des romans (ou des nouvelles).

Durant ma vingtaine, j’ai prêté attention aux autres genres. Je me suis intéressé à ce que l’on nomme ici la « non-fiction » : les essais, les documentaires, les biographies, les journaux, les blogs, les récits de voyage, les livres de développement personnel, que sais-je encore ?

Maintenant, être écrivain ne veut plus dire être romancier… De toute manière, je lis moins de fiction que de non-fiction, car d’autres médias (séries TV et films) ont pris le relai. J’étanche ma soif de storytelling différemment. C’est tout.

Maintenant, être écrivain, ça veut dire prêter attention aux mots que l’on utilise. C’est être un artisan du verbe. Peu importe ce que l’on écrit, peu importe les genres.


Vendredi 21 juillet

Je trouve intéressant qu’on me rappelle (comme dans la série coréenne, Doctor Cha, disponible sur Netflix) que toutes les histoires n’ont pas besoin d’une romance… et que le personnage principal est en droit de rejeter les avances d’un docteur, extrêmement sexy et bien plus jeune qu’elle.

C’est décevant, certes (il était vraiment sexy et avait tout pour plaire), mais logique : l’épanouissement personnel ne passe pas obligatoirement par le couple. 

La romance voudrait nous faire croire qu’elle est le remède à tous les maux, que le célibat est synonyme d’inquiétude, de solitude et de frustration…

L’épanouissement peut, et devrait, se trouver ailleurs. Pourquoi dépendre d’une autre personne pour connaitre son happy end ?


Samedi 22 juillet

À quel point faut-il manquer de confiance en soi pour toujours vouloir avoir raison ? N’est-il pas ridicule de se démener pour avoir le dernier mot ? Nous pensons gagner, mais nous sommes les victimes d’un orgueil mal placé. L’humilité est une force ; le silence, sa meilleure arme.


Dimanche 23 juillet

Aujourd’hui, dans mon journal manuscrit, j’ai répondu à la question : « What would you do if you knew you couldn’t fail? » 

C’est le meilleur moyen de prendre conscience de l’influence de la peur (ou des peurs) sur nos projets de vie. Nous passons notre temps à nous limiter pour nous protéger des grands comme des petits échecs. Nous nous disons réalistes ou pragmatiques ou humbles ; nous affirmons ne pas avoir beaucoup de besoins. Face à l’immensité des possibles qu’est une vie, notre courage anémié manque d’ambition.

Je comprends qu’au moment de mourir, lorsque nous nous retournons pour contempler notre vie, nos peurs d’alors nous paraissent à ce point ridicules. Pourquoi n’ai-je pas osé davantage ? Pourquoi me suis-je fait si petit ?