Journal d’octobre 2023

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Lundi 16 octobre

C’est évidemment le plus difficile : écrire une romance dont les personnages, les lieux et les situations soient assez originaux pour laisser une impression durable chez les lecteurices.

Une histoire qui, si on changeait tel ou tel élément, ne tiendrait plus la route. Combien de romances ai-je lu qui, se passant à New York, auraient pu avoir pour cadre une métropole sans nom ? 

De même pour la personnalité des protagonistes. Certes, c’est mieux quand les lecteurices s’identifient à l’un ou l’autre, voire les deux… mais ce n’est pas une excuse pour écrire des personnages en carton-pâte, tellement fades qu’ils en deviennent génériques. Je veux les sentir vivre sur la page. Les aimer. Les haïr. Savoir instinctivement qu’ils ne pourraient pas être les protagonistes d’une autre histoire.


Mardi 17 octobre

Il me semble qu’il existe une règle implicite à toutes les littératures de genre : la variété (ce que certain·es appellent aussi l’originalité).

À partir d’une série d’aliments imposés (les tropes du genre), l’auteurice cuisine une histoire qui doit, à la fois, être familière et originale.

Mais après la lecture de Straight As a Jalebi, il me parait évident que le genre de la romance propose toujours le même type de personnages : des hommes blancs, (très) riches et (très) beaux. 

Le but, c’est de vendre du fantasme. Il est donc normal qu’un certain type de protagonistes s’impose… Mais on peut s’étonner que la romance gay ne soit pas plus diverse que ça. Il existe des exceptions, évidemment, mais c’est ce qu’elles sont : des exceptions. 

Des romances qui se passent dans d’autres cultures, ou avec des personnages issus d’autres cultures, sont assez rares. Je n’invite pas mes collègues à faire de l’appropriation culturelle. Non, mais on est en droit de se demander pourquoi nous n’avons pas davantage d’auteurices qui viennent de milieux sociaux et ethniques plus variés.

Alors qu’on dit que l’amour est universel, pourquoi ne représentons-nous qu’un seul type d’amour ? Pourquoi nos personnages sont-ils les plus beaux, les plus riches, les plus accomplis ? Où se trouve la diversité ?

Je suis de celleux qui écrivent ce genre de personnages. Je ne jette donc pas la première pierre. Mais je m’interroge…


Mercredi 18 octobre

De la même manière que la Fantasy dépeint un monde ultra-conservateur, le plus souvent aristocratique, la romance gay sert d’outil de propagande à l’hétéronormativité, qui place les relations de couple exclusives au centre de ses préoccupations. C’est ce qu’on pourrait appeler une « romance simili-queer » : c’est gay, ça s’enrubanne des couleurs de l’arc-en-ciel, mais le message principal reste hétéro.


Jeudi 19 octobre

Je suis un écrivain (et un lecteur) impatient : je ne supporte pas les longueurs. Je ne sais pas prendre mon temps. Ça doit aller droit au but. Ce qui est un problème quand je dois mettre en place l’intrigue, point par point.


Vendredi 20 octobre

Grâce à ma boulimie de lectures actuelle, je me tiens éloigné de Twitter-X… 

Je pourrais presque m’en passer. 

Ces dernières semaines, sans la communauté du BL asiatique, je n’aurais eu aucune raison de visiter la plateforme. 

Est-ce la fin de ma présence sur Twitter ? Pas encore, mais je sens que ce moment fatidique approche… Avec Muscadet aux manettes, ce n’était qu’une question de temps avant que cela n’arrive.


Samedi 21 octobre

Homme de peu de foi, si je devais choisir entre un mariage civil et un mariage religieux, mon choix serait vite fait. (Évidemment, en France, on ne choisit pas : le passage à la mairie est obligatoire et le seul qui compte aux yeux de l’État. Mais ce n’est pas le cas en Angleterre.)

Certes, une église, un temple ou une cathédrale offrent un cadre plus impressionnant qu’une mairie, mais ce qui rend ces lieux si spéciaux, c’est la foi des croyants. Et quand on n’en a pas, la magie n’opère pas. Il n’y a aucune émotion à voir un couple prononcer des vœux de noces devant un dieu, quand on ne croit pas en lui.

Peut-être serait-ce différent si la religion en question m’était plus ou moins inconnue, si son aspect mystérieux renforçait l’impression de sacré… Un peu comme quand on visite un temple bouddhiste ou un sanctuaire shinto. Mais le catholicisme me laisse froid comme une église.


Dimanche 22 octobre

Cette chatte, qui souffre du coryza et qui vit dans le hameau familial, est la plus laide qui existe, car elle ne peut pas nettoyer son pelage… Elle qui était naturellement blanche, la voilà grise et marron. Sa respiration est difficile, mais ça ne l’empêche pas de ronronner… Elle semble ne vivre que pour deux choses : la nourriture et les câlins.

Mais, comme elle pue, personne ne veut la toucher… Sweet tragedy.